S’expatrier est une aventure passionnante, synonyme de découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle langue… et, souvent, d’un tout nouveau rapport à la santé.
Pour un expatrié, la simple visite chez le médecin peut devenir un véritable voyage culturel. Consultations express, absence d’examen physique, normes d’intimité différentes, ou encore omniprésence de certains médicaments : ces différences, que l’on nomme les “micro-chocs culturels médicaux”, peuvent être déstabilisantes.
États-Unis : du questionnaire à la technologie – L’approche sécurisée
Pour les expatriés venant de pays avec une médecine de proximité (comme la France), le système américain est souvent le choc numéro 1. Les médecins privilégient la sécurité juridique et la technologie dans leur approche.
- Moins d’Examen Physique Systématique : Contrairement à la France, la consultation américaine repose souvent plus sur l’entretien, l’historique médical détaillé et les questionnaires que sur l’examen physique de routine (auscultation, palpation, etc.).
- Les Examens Complémentaires sont Privilégiés : Le médecin américain aura tendance à prescrire rapidement des analyses de sang, des IRM ou d’autres tests pour sécuriser le diagnostic et éviter toute erreur.
- L’Hyperspécialisation : Le système est très cloisonné. Chaque spécialiste reste strictement dans son périmètre. Il est rare qu’un généraliste gère des problèmes qui, en France, seraient considérés comme semi-spécialisés.
- Le Rôle de la Technologie : Le dossier médical électronique et l’intégration des résultats de tests sont centraux dans le processus de soin.
Conseil pour l’Expat : Préparez un dossier médical synthétique (antécédents, allergies, traitements) en anglais avant votre premier rendez-vous.
Dubaï et le Golfe : le réflexe “antibiotique” et l’attente du Patient
Dans de nombreux pays du Golfe, notamment à Dubaï ou dans certaines régions d’Arabie Saoudite, les médecins prescrivent facilement et rapidement des antibiotiques. Les expatriés s’étonnent souvent qu’on prescrive des antibiotiques même pour des infections jugées bénignes en Europe.
- Habitudes Médicales Locales : Ces pratiques sont liées à des habitudes et des protocoles locaux.
- Pression des Patients : Il existe parfois une pression de la part de certains patients (locaux ou expatriés) qui souhaitent un “traitement rapide et efficace” et repartir avec une ordonnance fournie.
- Le Pharmacien : Dans certains cas, il est possible d’accéder à des médicaments plus facilement, ce qui modifie la dynamique de la consultation.
Conseil pour l’Expat : En cas de doute, demandez toujours pourquoi un antibiotique est nécessaire, ou si une solution de surveillance (attentisme) est possible. Votre rôle est de comprendre le traitement.
Les Pays-Bas : la grossesse “Low-Intervention”
S’il est un domaine où le choc est maximal, c’est celui de la maternité. Les Pays-Bas adoptent une philosophie de la grossesse et de l’accouchement qui tranche radicalement avec l’approche souvent plus médicalisée de la France.
- La Sage-Femme, le Pivot du Suivi : La verloskundige (sage-femme) est la professionnelle de référence pour une grossesse physiologique (sans complication). Les obstétriciens n’interviennent que si des risques apparaissent.
- Accouchement à Domicile : Bien que les chiffres baissent, les accouchements à domicile ou en kraamhotel (maison de naissance) restent fréquents et bien encadrés.
- Moins d’Examens et d’Échographies : La grossesse est vue comme un processus naturel. Attendez-vous à moins d’échographies et de bilans sanguins que ce que vous connaissez.
- Kraamzorg (Aide Post-natale) : Ce système unique fournit une aide professionnelle à domicile pendant les premiers jours après l’accouchement.
Conseil pour l’Expat : Embrassez la philosophie “low-intervention”. Si vous souhaitez une médicalisation poussée, il est essentiel de choisir une maternité hospitalière dès le début.
Japon : rigueur, protocoles et matériel innovant
Le système de santé japonais impressionne par sa rigueur et son attention aux détails. Il crée ainsi un équilibre unique entre tradition et hyper-modernité.
- L’Hygiène Extrême : Le niveau de propreté et d’hygiène est impeccable.
- Des Examens Très Complétés : Le bilan de santé annuel (ou Ningen Dock) est extrêmement complet et détaillé, parfois jugé “trop” poussé par les Français, mais visant une détection précoce.
- La Communication Verbale : La consultation peut être très technique et protocolaire, avec moins d’échanges verbaux ou d’explications détaillées que dans les pays latins. La précision prime sur la discussion.
- Matériel Spécifique : Le matériel médical, notamment pour les consultations ORL et dentaires, peut être surprenant et reflète une attention particulière aux innovations locales.
Conseil pour l’Expat : Utilisez des applications de traduction ou, si possible, faites-vous accompagner par un locuteur bilingue pour ne rater aucune instruction.
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Asie du Sud-Est (Thaïlande, Singapour) : la consultation ultra-rapide
À Bangkok, Singapour, Kuala Lumpur ou Hanoï, les nouveaux arrivants remarquent rapidement un phénomène surprenant : la rapidité des consultations. Ce phénomène se remarque surtout dans les cliniques privées, où les médecins tiennent des rendez-vous très courts.
- Efficacité Avant Tout : Il n’est pas rare de voir un médecin en moins de 5 minutes, recevoir un diagnostic et repartir immédiatement avec plusieurs médicaments.
- Un Modèle Très Sollicité : Ce modèle vise une efficacité maximale dans des contextes (surtout dans le privé) où le volume de patients est très élevé.
- Diagnostic Rapide : L’expérience du praticien est souvent mise à l’épreuve pour établir un diagnostic immédiat.
Conseil pour l’Expat : N’ayez pas peur d’insister pour poser des questions ou demander quelques minutes d’échange supplémentaires si le diagnostic ne vous semble pas clair.
Canada : le parcours du combattant pour le médecin de famille
Dans le système de santé public canadien, les patients doivent affronter une réalité difficile : accéder aux soins de première ligne.
- Pénurie de Médecins de Famille : Dans de nombreuses provinces (surtout le Québec), trouver un médecin de famille peut être un véritable parcours du combattant, entraînant de longues listes d’attente (le Guichet d’accès à un médecin de famille ou GAMF).
- Les Cliniques Sans Rendez-vous : En attendant, les expatriés dépendent souvent des cliniques sans rendez-vous, où l’attente est longue et le suivi moins personnalisé.
- Le Rôle de l’Infirmière Praticienne Spécialisée (IPS) : Pour pallier le manque de médecins, les infirmières praticiennes jouent un rôle de plus en plus important dans le suivi de base.
Conseil pour l’Expat : Inscrivez-vous au processus d’attribution d’un médecin de famille dès votre arrivée et familiarisez-vous avec les services en ligne de prise de rendez-vous (ex: Rendez-vous Santé Québec).
Australie : la médecine préventive et le rôle du GP
L’Australie repose sur un système où le General Practitioner (GP), équivalent du généraliste, est le gardien du système.
- Le Gatekeeper (GP) : Pour voir un spécialiste, il faut obligatoirement passer par votre GP qui vous fournira une lettre de référence (le referral). Sans ce document, le spécialiste ne vous acceptera pas.
- Médecine Préventive : Les professionnels de santé insistent sur la prévention et incitent à adopter un mode de vie sain (soleil, alimentation, exercice).
- Le Système Mixte : Vous pouvez opter pour le système public (Medicare), ou le privé, mais le GP est central dans les deux cas.
Conseil pour l’Expat : Votre GP est votre premier et principal point de contact. Établissez une relation de confiance et demandez toutes les références nécessaires.
Intimité et Confort : Quand les Normes Changent
Les différences culturelles les plus frappantes touchent souvent l’intimité, le confort et la pudeur.
| Pays / Région | Particularité Souvent Observée | Impact |
| États-Unis, Royaume-Uni | Présence systématique d’un chaperon (un tiers, souvent une infirmière) pour les examens intimes. | Visant la protection légale du praticien et du patient. |
| Certains pays d’Asie ou du Moyen-Orient | Moins de préoccupation pour la confidentialité dans les boxes de consultation. | L’intimité est parfois moins préservée que dans les normes européennes. |
| Japon, certains États US | Tendance à garder ses vêtements ou à être peu dévêtu lors de l’examen physique. | Reflet des normes de pudeur et de l’approche non-systématique de l’examen physique. |
Conseil pour l’Expat : Vous avez toujours le droit de demander davantage de confidentialité ou de refuser la présence d’un tiers si cela n’est pas une obligation légale. Communiquez votre zone de confort.
Le Pilier Essentiel : L’Assurance Santé Internationale
Face à la diversité des systèmes et aux coûts imprévisibles, l’assurance santé internationale n’est pas un luxe, mais une nécessité pour l’expatrié. Dans des pays comme les États-Unis, le Canada ou Singapour, les frais peuvent devenir exorbitants sans couverture adéquate. Une bonne police d’assurance offre bien plus qu’un simple remboursement. Elle garantit l’accès à un réseau de praticiens privés, souvent bilingues. Elle permet également d’obtenir une deuxième opinion en toute sérénité et, surtout, elle couvre l’évacuation ou le rapatriement sanitaire. C’est le filet de sécurité indispensable qui permet de naviguer dans les systèmes de santé étrangers avec un minimum de stress financier et logistique.
Anticiper pour Mieux S’adapter
Ces micro-chocs façonnent la façon dont les expatriés vivent leurs soins. Les anticiper, c’est se sentir plus armé, plus serein, et surtout, mieux prendre part aux décisions concernant sa propre santé. La règle d’or ? Poser des questions, rester curieux et ne jamais renoncer à une bonne communication avec son médecin.
